Manifestations publiques : le CJD et ses partenaires demandent la révision de la loi Bodjona. En intégralité le courrier adressé au ministre Boukpessi à cet effet

La coalition de l’opposition avait prévu des manifestations pour les 13, 14, 15 et 17 mars 2018 avant de se raviser suite à l’intervention de Nana Akoufo-Addo, médiateur dans la crise togolaise. Suite à cette situation, le Collectif des Jeunes pour le Développement (CJD) et ses partenaires, ont saisi par courrier en date du 08 mars 2018, le ministre chargé de l’administration territoriale pour faire part de leur mécontentement.

En effet, estiment le CJD et ses partenaires, donner une suite favorable à la demande de l’opposition relèverait de la politique de « deux poids, deux mesures ». Car, rappellent-ils au ministre, « la semaine dernière, notre Organisation avait introduit une demande d’autorisation pour l’organisation d’une caravane d’une demi-journée dans la ville de Lomé. Notre demande n’a pas été favorablement accueillie. Votre Ministère y a opposé un refus catégorique en s’inspirant du règlement intérieur du dialogue inter-togolais ».

Par ailleurs, le CJD et ses partenaires, reconnaissent que «  le droit à la manifestation publique est un droit constitutionnel », cependant « son initiative ou sa jouissance peut être bien contrôlée », soutiennent-ils, estimant que les différentes manifestations de rues qu’organise la Coalition des 14 partis politiques créent d’énormes dégâts socio-économiques pour le pays.
«  En 6 mois, les recettes fiscales ont baissé de 40%, des magasins et hôtels ont fermé leurs portes ou réduit considérablement l’effectif de leurs employés, des investisseurs ont fui le pays, des touristes qui avaient l’habitude de venir au Togo ont préféré des pays voisins au nôtre, les affaires ont tourné au ralenti au Port autonome de Lomé et dans plusieurs secteurs vitaux du pays », rappellent le CJD et ses partenaires.

Aussi, interpellent-ils le ministre, pour la révision de la loi dite Bodjona. « Monsieur le Ministre, il est clair que la Loi dite Bodjona qui régit les manifestations au Togo a montré toutes ses limites. C’est l’occasion toute faite de vous interpeler à contribuer à la révision de cette Loi à l’Assemblée nationale. Ceci pour que dans les prochains jours,  les manifestations en jours ouvrables soient définies autrement tout comme les manifestations couvrant toutes les grandes villes au même moment.  Nous souhaitons également qu’une Loi soit votée sur l’utilisation des réseaux sociaux pour que des sanctions soient prévues à l’encontre de ceux qui y font un usage indélicat et l’apologie de la violence », plaident le CJD et ses partenaires. (Photo: responsables du CJD et partenaires)

Voici l’intégralité du courrier adressé au ministre Payadowa Boukpessi

Lomé, le 8 mars 2018

Monsieur le Ministre,

Il y a de cela quelques jours,  la Coalition des 14 partis politiques(Opposition) a appelé leurs militants et sympathisants à descendre dans la rue les 13, 14, 15 et 17 mars 2018, pour réclamer entre autres le vote de la diaspora et le retour à la version originelle de la  Constitution de 1992. N’eut été l’intervention du Facilitateur au dialogue, Nana Akufo-Addo qui appelle les Opposants à revoir leur position, ce mot d’ordre devrait être respecté par ces Opposants et leurs militants.  Car appeler à une nouvelle série de manifestation viole le règlement du dialogue inter-togolais qui a démarré le 15 Février 2018 à Lomé, qui dit en substance : « Les deux parties s’engagent à suspendre leurs manifestations publiques».

Monsieur le Ministre,

Point n’est besoin de vous rappeler que les différentes manifestations de rues qu’organise la Coalition des 14 partis politiques créent d’énormes dégâts socio-économiques pour le pays. En 6 mois, les recettes fiscales ont baissé de 40%, des magasins et hôtels ont fermé leurs portes ou réduit considérablement l’effectif de leurs employés, des investisseurs ont fui le pays, des touristes qui avaient l’habitude de venir au Togo ont préféré des pays voisins au nôtre, les affaires ont tourné au ralenti au Port autonome de Lomé et dans plusieurs secteurs vitaux du pays.

Cette situation très lourde pour le pays et les Togolais devient tout un  cauchemar et ne doit plus être répétée surtout que plusieurs chantiers ont été engagés par les premières Autorités du pays et que les activités socio-économiques viennent à peine de connaitre un nouveau dynamisme.

Monsieur le Ministre de l’administration territoriale,

Certes le droit à la manifestation publique est un droit constitutionnel. Mais son initiative ou sa jouissance peut être bien contrôlée. Etant donné que le Togo devient encore plus fréquentable qu’avant et que plusieurs juteux projets sont en voie d’être exécutés au pays, il serait plus loisible et dans l’intérêt supérieur de la Nation que vous, Monsieur le Ministre, arriviez à trouver un terrain d’entente avec ces Opposants qui voudraient manifester presque chaque semaine pour que l’exercice de ce droit constitutionnel soit bien réglementé.

La semaine dernière, notre Organisation avait introduit une demande d’autorisation pour l’organisation d’une caravane d’une demi-journée dans la ville de Lomé. Notre demande n’a pas été favorablement accueillie. Votre Ministère y a opposé un refus catégorique en s’inspirant du règlement intérieur du dialogue inter-togolais.  Et devant cette situation, donner une suite favorable à la demande de l’opposition relèverait de la politique de « deux poids, deux mesures ».

Monsieur le Ministre, il est clair que la Loi dite Bodjona qui régit les manifestations au Togo a montré toutes ses limites. C’est l’occasion toute faite de vous interpeler à contribuer à la révision de cette Loi à l’Assemblée nationale. Ceci pour que dans les prochains jours,  les manifestations en jours ouvrables soient définies autrement tout comme les manifestations couvrant toutes les grandes villes au même moment.  Nous souhaitons également qu’une Loi soit votée sur l’utilisation des réseaux sociaux pour que des sanctions soient prévues à l’encontre de ceux qui y font un usage indélicat et l’apologie de la violence.

Espérant une suite favorable à notre demande, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, nos sentiments les plus distingués.

Le Porte-parole

ADOM Orphé

Ampliations

Présidence de la République Togolaise
Assemblée Nationale
Ministère de la Sécurité et de la Protection civile
Presse

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