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Togo/ Du trading au Ponzi : la fin d’un système d’escroquerie sournois

Le 26 mars 2021, un communiqué signé du ministre de l’Economie et des Finances,  sifflait la fin d’un système d’escroquerie  instauré au Togo depuis quelques mois, sous le vocable «  trading ». Avec son lot de  victimes au sein de la population.

J GLOBAL CAPITAL INTERNATIONAL S.A.U, TIENS, CACESPIC-IF  Togo Sarl, Global Trade Corporation S.A.S, Aladin Groupe… étaient sommées par Sani Yaya de  cesser leurs activités  «  irrégulières, sous peine de sanctions prévues par la loi ».

 

Si quelques’ unes de ces entreprises, Global Trade Corporation S.A.S  par exemple , ont effectivement fait du  trading,  il n’en demeure  pas moins que la plupart se sont cachées derrière ce système encore inconnu des Togolais pour se livrer à ce que bon nombre d’observateurs  qualifient d’arnaque.  L’analyse de leurs activités permet de déduire qu’en fait du trading, ces sociétés  faisaient  en réalité du Ponzi,  un système interdit depuis belles lurettes sous d’autres cieux,  mais remis au goût du jour au Togo.

 

Comment fonctionne le Ponzi ? Comment ces sociétés s’y sont prises  pour mobiliser les fonds des Togolais sans éveiller leurs soupçons ? Eléments de réponses avec un spécialiste de  la question.

 

 

Le principe de la pyramide est simple : un escroc, qui peut être une personne physique ou morale propose d’investir dans son portefeuille et promet des intérêts très juteux en retour. En réalité, il va prélever une partie de la somme à lui confiée pour son enrichissement personnel; et l’autre partie pour payer partiellement la personne qu’il a arnaquée précédemment; ainsi, le présent arnaqué sera payé partiellement avec l’argent de la prochaine victime.

 

Au Togo, tout commence en 2020. Des sociétés promettaient aux investisseurs des rémunérations fixes mensuelles en s’appuyant sur la jeunesse. À travers  les dons et les publicités mensongères, ils arrivent à créer la première base de la chaîne de PONZI. Ils promettent en exemple un taux de 50% mensuel, sur deux mois plus le retour du capital investi à l’échéance au début. Un déposant du nom de Tandja (nom fictif pour illustrer) pensant avoir trouvé la bonne opportunité, dépose 100 000FCFA. Le premier mois, le promoteur peut dormir tranquillement même s’il n’attire pas beaucoup de clients étant donné qu’il dispose des premiers versements qu’il pourra remettre à Tandja en fin de mois. Tandja prend à la fin du mois 50 000 FCFA de l’argent qu’il a déposé, très content, il en parle autour de lui, faisant la promotion du promoteur et rassure son entourage.

 

Le promoteur lance maintenant une offre promotionnelle et augmente le taux à 100% en diminuant la durée de retour sur investissement et en étalant la promotion sur une durée conséquente.

 

Il a maintenant de nouveaux clients qui apportent des fonds supplémentaires qui adhérer à l’escroquerie. Tandja lui sera payé correctement avec l’argent des nouveaux qui attendront à leur tour d’être payé. Il aura fait la propagande autour de lui.  La danse commence. Le promoteur en passant, empoche une partie des fonds des investisseurs pour renforcer son image et celle de son entreprise. Il prend de plus gros bureaux , achète des voitures , change de cadre de vie etc. Plus le temps passe, plus il faut davantage de clients dans un délai de plus en plus court, afin de pouvoir reverser quelque chose à un nombre de plus en plus important d’anciens adhérents.

 

En général, l’arnaque est révélée lorsque les clients réclament le remboursement intégral de leurs investissements ou décident de ne plus réinvestir leurs épargnes; en ce moment, dans un premier temps, l’escroc tentera de les dissuader en leur offrant un taux de rémunération encore plus élevé à travers une promotion ; si cette stratégie ne marche pas, il cherchera un bouc émissaire qu’il accusera, en tentant de lui faire porter la responsabilité de son incapacité à les rembourser. L’escroquerie est très ingénieuse.

Ces arnaqueurs proposent des taux d’intérêts élevés à réaliser en peu de temps. Ils montent de fausses entreprises avec les fonds des investisseurs et font croire que ce sont ces dernières qui permettent de rémunérer les investissements.

En général, ils utilisent des activités très peu connues du grand public ; très souvent, les premiers clients sont payés en totalité mais se font arnaquer à force de réinvestissement; c’est souvent eux qui feront la publicité pour amener d’autres clients, sans eux-mêmes savoir qu’il s’agit d’une arnaque bien montée. Dans le cas du TOGO, les arnaqueurs utilisaient très souvent l’activité de « trading » comme couverture.

 

Quand on se rend à leur siège, on les trouvera eux-mêmes ou leurs employés devant leurs ordinateurs en train de spéculer en bourse, en faisant croire que c’est l’argent des investisseurs qu’ils sont en train de faire fructifier. En général, les personnes employées comme « traders » par les arnaqueurs ne savent même pas qu’elles sont entrainées dans une vaste escroquerie, les arnaqueurs leur confiant une infime partie de l’argent collecté auprès de leurs victimes pour le trading. Ils font ainsi croire qu’il s’agit d’une activité réelle afin de tromper la vigilance. Ces types d’escroqueries sont très fréquents et beaucoup de personnes se font prendre dans les filets de ces arnaqueurs.

 

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